Il se tenait devant moi

Il se tenait devant moi
Cette OS est pour un concours organisé par xannuaire-de-fictionsx

PDV Ashley

Il se tenait devant moi.


___Les yeux couleur chocolat d'Elliot me dévisageaient d'un air penaud. Il avait les lèvres entrouvertes mais aucun son ne s'en échappait. Le pire venait d'arriver. Juste la veille de cette nouvelle tournée. Evidemment.


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PDV Narrateur

___Hempstead, New York. Une ville comme une autre des Etats-Unis avec ses églises, ses écoles, ses parcs verdoyants, ses magasins... 500 000 habitants se concentrent dans cette petite bourgade du nord du pays. Petite ? Etonnant pour un Européen comme vous et moi mais là-bas, une ville rassemble au moins 1 million d'amateurs d'hamburgers et de base-ball (Yankees powa). Imaginez alors un new-yorkais venir s'installer dans un patelin de 15 000 âmes où il ne se passe rien. Il passerait le plus clair de son temps à trouver un moyen original pour assouvir ses tendances suicidaires. Bref, passons...

___Vous avez là une vue aérienne de la ville. Zoomons un peu plus. Vous sentez la chaleur ? L'été s'est installé et pour de bon cette fois ! Un peu trop même... La température frôle les 30°C et il n'est même pas 8 heures. C'est le genre de chaleur qu'on a tous subit au moins une fois dans sa vie. Vous savez quand vous sortez de chez vous et que vous avez la désagréable sensation d'être subitement devenu incontinent et aussi l'impression d'être assommé par le soleil lui-même. Maintenant, sortez vos lunettes de soleil, tartinez vous de Monoï et rapprochons-nous encore.

___Dirigeons-nous vers West Hempstead, le quartier des bourgeois où la fête annuelle du club de golf et la soirée de charité sont perçus comme des évènements à dimension in-ter-na-tion-na-le. Et ne vous avisez pas de ricaner derrière votre écran, je vous vois. Un peu de respect ! Nan mais oh. Ca y est, on a fini de rire ? Tiens, et si on suivait cette famille qui sort du club de golf justement. La mère est un sosie vivant de Bree Hodge et se pavane dans sa petite jupe étriquée en tenant fermement deux gosses par la main. Ou plutôt deux clones : même coiffure au bol, même pull en laine rose sur une chemise boutonnée jusqu'au cou. Imprimez bien cette vision car ici, vous la verrez multipliée par cent. Chaque maison comporte sa Bree Hodge et ses petits cathos de rejetons. Enfin presque partout.

___Nous voilà sur Park Avenue. Une rue qui porte bien son nom car elle nous donne une vue imprenable sur le plus grand parc de la ville. Au 1420, la plus grande maison de la rue, un immense van noir est garé juste devant le perron. Ses occupants détonnent sur le reste du quartier, ce n'est pas peu dire. Disons qu'ils ont une vie à des années lumières de ces Desperates housewives en puissance. Ils sont 4, ils sont des superstars sur tout le continent. Ils répondent aux doux noms d'Ashley, Eliott, Romeo et Kia, 4 jeunes américains plus connu sous la marque déposée Friday 14th©®.

Je vous laisse maintenant, place à l'histoire.


Ville de Hempstead, 10h48.
PDV Ashley

___Je le sens très mal.

___Vraiment très mal.

___Si jamais je la lâche, c'est toute ma vie qui est foutue. Je serrais la poignée tout en essayant de ne pas me péter un ongle. Bon si c'est le cas, je pourrais toujours le rafistoler avec mon petit matériel de manucure qui se trouvait quelques part dans le sac aussi lourde qu'un hippopotame que je tentais de trainer dehors. Mais si je me pétais un ongle et qu'en plus la valise se fracasse par terre, là j'étais vraiment dans la merde pour les mois à venir.

___Je commençais à descendre les escaliers. Première marche franchit sans accident, c'est un bon début. En avant pour la deuxième.
« Merde ! »
Salope de valise ! La voilà qui dévale les escaliers en trouvant le moyen de se fracasser sur chaque marche. Elle aurait pu se contenter de faire un seul grand bon pour atterrir sur le trottoir mais non, à croire que ça ne lui suffisait pas ! Et elle insiste bien sur chaque marche la conne. Fin de la route sur les valises des autres qu'elle renverse par terre. Joli Strike. Par contre j'aime pas mais alors pas du tout le bruit de verre brisé qu'on entendit à l'intérieur.
« Ah la la la la, ça va pas du tout ! » m'écriai-je.
J'ouvris en grand la valise, dévoilant mon kit de survie qui ne ressemblait plus à un kit de survie. Sèche-cheveux en mille morceaux, trousse à maquillage éventrée. La cata.
« Mais alors pas du tout !
- Qu'est-ce que t'as encore à couiner ? »
Ca y est, manquait plus qu'Elliot pour ramener sa fraise. Ca va être encore pour ma pomme. Rien à foutre, je fais comme s'il n'existait pas.
« Mon glooooooosssss ! »
Eventré. Là c'est le pompon.
« Tu comptais emmener tout ça ?
- Evidement !
- Mais tous les hôtels ont tous ces trucs ! Même des fers à lisser !
- Ouais mais ils sont à chier ! J'ai pas envie de ressembler à Gandhi ! »
Je balance mes cheveux blonds derrière moi façon Eva-Longoria-je-le-vaux-bien. Le geste qui convainc une personne censée. Sauf qu'Elli est tout sauf une personne censée. Comme les autres d'ailleurs. En parlant des trois hommes des cavernes que je dois supporter à longueur d'année, voilà Romeo qui se ramène.
« Bon, quand t'aura fini de faire ta pouffiasse, tu refermeras ta valise et on pourra peut-être y aller ! lança-t-il.
- La pouffiasse t'emmerde, Davis ! » répliquai-je.
Il éclata de rire avec moi. Genre j'étais pas habituée à me faire traiter de pouffiasse 3 fois par jour par lui. Ok, c'est assez vulgaire comme surnom affectif. Si Romeo n'était pas un de mes meilleurs potes, mon genou aurait été mystérieusement attiré par ses 2 glandes reproductrices qui lui servent de cerveau.
« Heureusement que Kia n'est pas comme toi ! » trouve-t-il utile à rajouter.
Kiara Hamilton. La femme parfaite selon Elli et Romeo. Là, vous devez vous imaginer Angelina Jolie ou Eva Mendès, bref le genre de fille bien roulée. Eh bien vous faites fausse route. Eh ! Je dis pas que Kia n'est pas bien roulée, hein ? Je la trouve belle même (et pas parce que c'est ma meilleure amie). Mais souvenez-vous, tout à l'heure, je vous parlais des trois hommes des cavernes, mes potes du groupe. Eh bien, Kia est un homme... enfin elle a le look d'un homme. Plus garçon manqué qu'elle y'a pas ! Non, elle n'est pas hermaphrodite (quoi que j'en suis pas sûre en fait).
« Ouais, je sais, Kia est parfaite, soupirai-je. Tellement parfaite qu'elle a une forêt vierge sous chaque bras... Pire que l'Amazonie.
- Quoi ? Pardon ? On me parle ? »
Une paire de Van's apparurent devant mes yeux. L'horreur : j'ai jamais vue des pompes aussi défoncée que les siennes. Inutile de lever les yeux, Miss Femme fatale vient de nous rejoindre. Je lève la tête et m'aperçois qu'elle me regarde avec un grand sourire. C'est vrai qu'elle est belle mais elle l'aurait été encore plus sans ses cheveux coiffé à la va vite et cette immonde casquette des Yankees sur la tête.
« Eh ! C'est mon slim que t'as là ? m'écriai-je en reconnaissant mon Levis qui m'avait couté la peau du cul.
- Tu le portes jamais et comme on fait la même taille... »
Et sans même attendre mes hurlements de reproches, elle alla mettre ses deux valises dans le coffre. Un slim avec des Van's. Lamentable.
« Euh... Ashley ? »
Je relevai la tête, surprit qu'Elli me parle sur ce ton timide.

___Il se tenait devant moi, ses yeux couleur chocolat me dévisageant d'un air penaud. Il avait les lèvres entrouvertes mais aucun son ne s'en échappait. Dans ses mains, tout ce qui restait de mon fer-à-lisser-dernier-ultra-hight-tech-que-même-la-Nasa-ne-devait-avoir. Le pire venait d'arriver. Juste la veille de cette nouvelle tournée.

___Evidemment.

# Posté le vendredi 30 octobre 2009 15:23